Bernard Buffet est né à Paris en 1928 et décède en 1999 à Tourtour dans le Var. Grand peintre expressionniste français, il n’avait qu’une seule passion : la peinture. Pour certains, Bernard Buffet symbolisait le génie à l’état pur. En effet, reçu à 15 ans à l’Ecole nationale des beaux-arts, il y reste deux ans avant de décider de travailler seul. Son succès fut aussi précoce qu’explosif.
A 20 ans il est récompensé du Prix de la Critique, ex æquo avec Bernard Lorjou, de 20 ans son ainée, issu également de la mouvance expressionniste.

Le début de la reconnaissance de Bernard Buffet et ses premières expositions

La personnalité de Bernard Buffet se révèle en 1947, lorsque ses œuvres sont présentées à Paris chaque année.  Il expose l’homme accoudé au Salon des Indépendants et en décembre de la même année, sa première exposition est tenue à la Librairie des Impressions d’Art et lui vaut une reconnaissance fulgurante. Par la suite, Raymond Cogniat, célèbre critique d’art français lui achète une de ses toiles pour le Musée National d’Art Moderne de Paris.  C’est le début de l’ère Buffet…

Sa rencontre avec Emmanuel David : les prémices d’une carrière à l’international

Parmi les nombreux artistes qui ont croisé son chemin, c’est Emmanuel David ; marchand d’art qui fut assurément le tremplin de Bernard Buffet vers sa carrière internationale. Leur rencontre en 1948 permit à l’artiste d’être exposé pour la première fois à la Galerie Drouant-David.  A 22 ans seulement, il est ensuite exposé dans des galeries à New York, Londres, Bâle, Copenhague ou Genève. Par la suite, Emmanuel David fait signer à Bernard Buffet un contrat d’exclusivité qu’il partagera ensuite avec Maurice Garnier, qui détiendra l’exclusivité totale de la production à partir de 1968. Véritable maître de l’expressionisme, Bernard Buffet trouve sa place dans les plus grands musées du monde, notamment au Japon où un musée lui est consacré à Surugadaira.

Bernard Buffet : de Paris au Vatican

A l’époque, la peinture étant chère, Bernard Buffet n’en mettait que très peu sur ses toiles. Il utilise uniquement des couleurs sombres telles que les gris, les noirs ou des verts.
La tendance nouvelle que Bernard Buffet apporte à ses œuvres lui procure une notoriété en perpétuelle croissance si bien qu’un jour, Monseigneur Pasquale Macchi, secrétaire du Pape Paul VI, sollicite l’artiste pour qu’il fasse don de certaines toiles au Vatican. L’artiste cède alors un ensemble de ses tableaux représentant la Passion du Christ, œuvres qu’il souhaitait initialement garder pour lui. En 1958, à seulement 30 ans la Galerie Charpentier à Paris organise la première rétrospective de son œuvre.  Cette même année, Buffet rencontre et épouse Annabel Schwob qui devient sa muse et sa compagne jusqu’à la fin de sa vie. En 1988, il est sacré meilleur artiste français d’après-guerre par le référendum organisé par la revue Connaissance des Arts.

Une évolution du style pictural

Dès lors, le style pictural de Bernard Buffet évolue. Il s’épanouit davantage dans son art et gagne en force et en couleurs. Une exposition organisée au musée du Touquet de 2015 à 2016 a d’ailleurs permis à grand nombre de spectateurs de redécouvrir cet aspect longtemps oublié de son travail, souvent limité à sa production de jeunesse et de son expression du misérabilisme, typique du courant expressionniste. Parmi celui-ci, Bernard Buffet s’est notamment fait connaitre avec sa collection de « clowns tristes », représentant des personnages d’ordinaires joviaux et joyeux, a contrario représentés tristes et désabusés. Les clowns de Bernard Buffet ont rencontré un vif succès qui ont fait sensation dans l’effervescence artistique et intellectuelle française de son époque. Malheureusement son art controversé n’était pas au goût de tout le monde.

Un artiste aimé du public, détesté des élites

Bernard Buffet illustre parfaitement le divorce entre les Français et l’art figuratif contemporain.  Artiste populaire par excellence, Bernard Buffet est très apprécié du public et détesté des élites qui lui reprochent d’être trop figuratif et pas assez intellectuel.  Sa nomination à l’Académie des beaux-arts en 1974, et ses promotions au rang d’Officier de la Légion d’honneur en 1993 attestent d’une reconnaissance officielle, en opposition avec le rejet que lui a longtemps porté l’intelligentsia française.

Un artiste à l’esprit libre mais reclus

A contre-courant, Buffet plaide en faveur d’une nouvelle peinture d’histoire. Malgré ses détracteurs, éternel spirituel tourmenté, Bernard Buffet reste néanmoins un esprit libre et le fait savoir. Malheureusement la fin de sa vie reste difficile, les symptômes de la maladie de Parkinson apparaissent en 1997 et le 4 octobre 1999, ne pouvant plus peindre, Bernard Buffet met fin à ses jours en s’asphyxiant avec un sac plastique portant sa signature.